l'Europe meurt de froid pendant que le Canada fanfaronne... le monde a l'envers!

 

 

Jeudi passé, réveil matinal à 5h30 pour me rendre, encore toute endormie, à l’école. Départ à 6h45 pour les pistes de ski. On m’avait bien mise en garde que les domaines skiables de l’Ontario ressemblaient plus à des petites collines à lapins (bunny hills), et mon optimisme me perdra un jour. C'était vraiment du ski de colline!... mais du ski quand-meme!
 
Nous avons fait deux heures de voyage avant d’arriver à Beaver Valley. J’ai été très surprise d’apprendre que ce domaine-là n’était accessible que par ses membres. C’est en effet un domaine privé. Nous avons la chance de compter parmi les familles de l’école passablement de gens aisés. C’est grâce à une de ces familles, membre, que toute l’école a pu profiter de skier. Le domaine était correct, de bonnes installations, un snow park, un centre de location de matériel et un immense restaurant! Le luxe quoi !
 
 
Bon, on ne va pas se voiler la face, ce n’est pas les alpes. D’ailleurs, le souvenir le plus marquant de cette journée est sans nul doute l’arrivée dans la station. Alors que le chauffeur du bus annonçait notre arrivée imminente, je me suis retrouvée complètement perplexe. Où est la montagne? Où est la neige ? Nous roulions sur une autoroute, au milieu d’un plateau et pas l’ombre d’une bosse à l’horizon. Ce n’est que quelques minutes plus tard que j’ai compris. Contrairement à ce dont je suis habituée en Suisse, au Canada, quand on veut skier en Ontario, on ne monte pas la montagne, mais on descend dans la vallée et on skie sur ses flancs. Quelle impression bizarre.
Bon, un fois tout mon petit monde équipe, je me suis retrouvée belle dernière à chausser mes skis (parce que je coordinais les locations des enfants). Tout le monde était déjà sur les pistes. Il faisait beau et chaud (!), mais j’étais seule! La première descente m’a donné un grand sentiment de liberté et d’euphorie, mais une fois que je me suis retrouvée sur le lift, je me suis sentie très déprimée avec un immense mal du pays. Je me suis rendue compte à quel point ma famille et toutes les personnes qui me sont chères me manquaient.  La journée s’est passée comme ça, un peu en demi-teinte. Je n’ai finalement pas skié trop longtemps, parce que les pistes étaient franchement plates et la seule piste noire valable était dévalée en 20 sec (je ne mens pas !). Du point de vue des élèves de l’école, cette journée a été mémorable et ils sont tous rentrés avec le sourire aux lèvres.
 
Le lendemain, le réveil a été vraiment difficile et la journée très stressante. Certains enseignants m’ont donné à la dernière minute les carnets scolaires annotés par la principale et je n’avais pas beaucoup de temps pour les corriger entre les leçons. J’étais épuisée à la fin de la journée qui était encore loin d’être terminée. En effet, Doris, une collègue et amie, organisait un souper suivi de jeux de société chez elle pour tous les enseignants de l’école. Cela m’a fait très plaisir de passer cette soirée avec mes collègues et j’ai bien aimé passer du temps avec eux en dehors de l’école. Cela m’a un peu chagrinée quand même lorsqu’une de mes collègues, Miguela, m’a dit que cela lui avait fait très plaisir de me voir rire de bon cœur. « Cela fait longtemps que je ne t’avais pas vu rire »…
     
 
 
Le week-end a été chargé lui aussi. J’ai vu mes amis, fait du shopping, mangé des sushis délicieux, joué au billard, suis allée voir un film au cinéma
 
Lundi était notre grand jour avec ma collègue Susan, aussi enseignante de français dans l’école (mais elle n’a que deux classes, je ne la vois pas souvent). C’était le jour du playday de Carnaval. Je suis assez contente du résultat. Les enfants ont beaucoup aimé et mes collègues nous ont complimentées et remerciées pour notre travail. Nous avions 8 postes, 16 équipes de 15 enfants, l’aide des élèves de 7-8 pour encadrer les équipes. Tout a marché comme sur des roulettes. Le matin, nous nous sommes réunis dans la salle de gym de l’école et avons eu la visite de Bonhomme Carnaval. Un élève de 8P s’est gentiment proposé pour endosser le déguisement du mythique Bonhomme et les enfants (surtout les petits) ont adoré cette visite. Nous lui avons chanté une chanson en français et avons regardé un très court film sur carnaval.
 
 
Mardi était encore une fois un jour pas comme les autres. C’était la Saint-Valentin et la salle de gym a été réquisitionnée toute la journée pour le bal de la Saint-Valentin. Les classes se succédaient pendant toute la journée, disposant de 40 minutes pour danser, acheter les sucreries proposées par les élèves de 8P (en charge de l’organisation de la manifestation afin de récolter des fonds pour leur voyage d’études à Montréal…). Ils vendaient des sucreries donc, mais aussi des canettes de soda… le concierge a dû siffler bien des noms d’oiseaux en nettoyant! Personnellement, et ce n’est pas la première fois que je le dis, cela m’a semblé un prétexte de plus pour manquer des heures de classe.
 
Mercredi et jeudi, nous sommes assignés à l’école pour les entretiens avec les parents. Mercredi, je suis restée jusqu'à 18h30 et je n’ai eu la visite que de deux parents. Aujourd’hui, la fête continue jusqu'à 20h… longue journée en perspective! C’est un sacrifice qui en vaut la peine puisque grâce à ces heures de travail en plus, nous avons congé demain, ce qui prolonge notre grand week-end de family day d’un jour. J’ai presque l’impression d’avoir les grandes vacances !
 
 
J’aurai bien aimé partir 4 jours en vacances, mais je n’ai pas trouvé d’offre assez intéressante pour partir au chaud !
Demain, un de ami m’emmène skier à Blue Montain. J’espère que ça sera un peu plus pentu cette fois !
 
Maintenant, il ne reste plus que 3 semaines jusqu’aux vacances de Pâques. Le mois de mars s’annonce bien, puisque je vais skier une semaine à Whistler et je vais aussi pouvoir aller voir un match des Toronto Maple Leafs : une de mes collègues de travail m’a offert deux places. Je me réjouis de voir un vrai match de NHL!
 

 

report card.... ou la frustration ultime de n'etre pas consideree comme une enseignante digne de juger ses eleves

 

En ce lundi, après un super week-end passé avec mes nouveaux amis canadiens, je suis de retour à l’école et l’accueil ce matin aurait pu être meilleur.
Comme je l’ai dit dans un des posts précédents, les deux dernières semaines étaient consacrées à la rédaction des commentaires et l’appréciation des notes dans les carnets scolaires. C’est ce lundi que ma principale a choisi pour me faire commencer la semaine en beauté. Je profite de ce blog pour déverser un peu de ma frustration, cela fait partie de l’expérience aussi.
Donc, aux dernières nouvelles, j’ai été trop « gentille » en donnant mes notes. Les notes sont trop bonnes pour certains élèves. Je vous rappelle qu’il y a quelques mois de cela, ma principale m’a dit que je devais avancer au rythme des élèves, là où ils en étaient et avec le bagage de français et les outils déjà accumulés. Elle m’avait alors aussi précisé que les élèves ne pouvaient pas recevoir des D (la moins bonne note), que cela ne se faisait pas.
Quand je lui ai fais remarquer que ce dont ils étaient capables ne correspondaient pas aux objectifs, elle m’a dit de m’adapter. J’ai donné mes notes en fonction des résultats aux épreuves, mais aussi en appréciant le travail fourni et la participation en classe, en toute conscience professionnelle. J’ai mis sur pied un programme adapté à leur niveau, je fais tout le matériel moi-même pour un maximum d’efficacité et les résultats sont signifiants. Je trouve affublant d’entendre de la bouche d’une principale d’école que ça fait bizarre pour un élève qui collectionne les C dans toutes les branches, d’avoir un B en français… Mais mon Dieu (je me permets les jurons religieux sur le blog!), un élève n’est-il pas autorisé à sortir de sa case-note s’il le mérite. Je ne sais pas comment ma correspondante d’échange notait ses élèves, puisqu’elle ne m’a pas laissé aucune trace de notes ou d’évaluation. Mais ma principale veut que mes notes coïncident avec les siennes. Une fois de plus, on attend de moi que je fasse quelque chose dont je ne peut rien soupçonner puisque je suis nouvelle, c’est la première fois de ma vie que j’ai neuf classes, que je suis enseignante de français L2 et de surcroît dans un système que je commence juste à cerner.
Est-ce que ma principale est déjà venue assister à un de mes cours ? Est-ce qu’elle parle français? Est-ce qu’elle a une idée du renforcement positif? Est-ce qu’elle me fait confiance en tant qu’enseignante responsable et professionnelle? Est-ce qu’elle a une idée des objectifs en français et a une idée globale du niveau des élèves dans l’école?
Il existe une réponse unique à ces questions et c’est « NON »!!!
Bon, il ne reste plus qu’à garder son calme, baisser la tête et s’excuser de n’avoir peut-être pas bien noté les élèves. Se taire et faire ce qu’elle veut, c’est ce que j’ai appris depuis que je suis ici.
 
Nicole Muelhauser, Toronto, le 6 fevrier 2012
Fevrier sous les couleurs de l'amour et du carnaval

 

Le mois de février est déjà sur le calendrier et a soufflé un mois de janvier très tranquille.
Février se présente sous les couleurs rouge, rose et blanc… PARTOUT! La Saint-Valentin est proche! C’est une fête de plus qui se célèbre beaucoup plus sérieusement qu’en Europe. Ici, pas besoin d’être amoureux, chacun peut recevoir une gentille carte et du chocolat à cette occasion.
Février est aussi le mois du carnaval de Québec. J’ai été enroulée dans un projet de carnaval pour l’école, et me retrouve à organiser toute une semaine de festivités à l’école sans jamais avoir vu le bout du nez de Bonhomme.
 
Bonhomme
 
Un de mes élèves m’a demandé si j’étais déjà allée au carnaval et a été surpris de ma réponse négative, jusqu'à ce que je lui rappelle qu’il y a un océan entre la Suisse et le Québec. Quoiqu’il en soit, c’est très intéressant d’apprendre comment les québécois fêtent l’hiver et la « joie de vivre » qui est le Leitmotiv de la fête (‘faut croire qu’ils ont bien besoin de ça pour passer l’hiver!).
Donc, à l’école, nous allons faire une chasse au Bonhomme gagnant. Je dois aller cacher 40 images de Bonhomme dont deux d’entre elles portent la mention « gagnant ». C’est un peu la chasse aux œufs de Pâques.
Nous avons aussi un concours de dessin et un concours d’estimation de bonbons contenus dans un gros bocal. Lundi 13, nous avons tout l’après-midi pris par des ateliers divers autour du carnaval avec bataille de boules de neige (dans la salle de gym, avec des chaussettes), atelier chocolat chaud et cookies, atelier hockey, atelier curling, j’en passe et des meilleures. Personnellement, je ne suis pas très excitée par l’idée de ce « Playday » autour de Carnaval. Premièrement, le Carnaval n’est pas célébré en Ontario et je trouve que c’est juste une occasion supplémentaire de ne pas avoir de cours. Je n’ai pas choisi les ateliers, mais j’attends de voir… franchement, comme je connais certains des élèves, ça risque de dégénérer. Enfin bon… on verra.
 
Jeudi prochain, nous avons une journée de ski avec l’école!!! Ça c’est vraiment le fun. Je ne peux plus attendre d’y être!! Les photos suivront.
 
Nicole Muelhauser, Toronto, le 2 fevrier 2012
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